La collaboration dans l'entreprise passe par une éducation spirituelle

La collaboration dans l'entreprise passe par une éducation spirituelle

Des exercices participatifs ajustés pour construire le groupe, libérer la confiance et aborder de manière ludique et expérientielle les objectifs fixés en amont.

Des exercices participatifs ajustés pour construire le groupe, libérer la confiance et aborder de manière ludique et expérientielle les objectifs fixés en amont.

Un grand merci à Frédéric Lenoir pour m'avoir ouvert la voie au grand Spinoza.

Lors d’un précédent billet, «Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait », je posais la question de la nature profonde de l’Homme et de nos croyances intimes à ce sujet. 

Je partais de l’hypothèse que les entreprises qui misaient sur une organisation plus horizontale et collaborative ne pouvaient exister que si ses leaders croyaient fermement en la nature altruiste et généreuse de l’Homme. En effet, comment créer une entreprise collaborative et basée sur l’humain si, au fond de nous, nous restons persuadés que l’Homme « est un loup pour l’Homme » et que, dès qu’il le pourra, prendra l’ascendant sur l’autre. Bon nombre de nos entreprises actuelles fonctionnent sur ce postulat en développant l’esprit de compétition par le biais d’objectifs individuels. 

Alors l’Autre : ami ou ennemi ? 

Je ne suis ni philosophe, ni psychologue, aussi je n’ai pas la prétention de déterminer la réponse. Cependant, mes lectures estivales m’ont amené à me pencher sur le philosophe Spinoza par le biais du dernier livre de Frédéric Lenoir : Le Miracle Spinoza1. Je ne pensais pas, dans ce livre, trouver matière à réflexion sur la vision de l’entreprise à laquelle j’aspire, cependant les idées très modernes du philosophe m’ont largement permis d’avancer dans mon cheminement. 

Spinoza est convaincu que l’Homme est sujet à des passions qu’il qualifie de tristes : l’envie, la crainte, la peur... Et que ces passions sont dues à notre nature profonde, laquelle viserait à l’augmentation de notre puissance et à la poursuite de nos désirs. En d’autres termes, nous agissons d’abord pour nos intérêts personnels. 

Mais Baruch Spinoza ne s’arrête pas là. Heureusement pour nous… Il précise que l’Homme n’est pas que ça. Et qu’il est mû par une conscience, que le philosophe qualifie de « raison », qui incite l’Homme à être dans le partage, dans la générosité et l’ouverture à l’autre. Et il invite nos organisations à prendre la mesure de cette dichotomie humaine et faire en sorte que nos passions ne nous poussent pas à l’isolement. 

En lisant les propos de Spinoza sur les démocraties (on notera que ces textes datent du 17ème siècle…), je me suis amusé à faire le parallèle avec les entreprises qui peuvent, de manière caricaturale, envisager leur management de deux manières : bâton & carotte ou co-responsabilisation. Je vous laisse par vous-même faire l’analogie : 

« Il (Spinoza) a parfaitement perçu les limites de nos démocraties : le manque de rationalité des individus, qui, étant encore esclaves de leurs passions, suivront la loi plus par peur de la punition que par adhésion profonde. Or, si « l’obéissance extérieure » est plus forte que « l’activité spirituelle interne », pour reprendre ses propres expressions, nos démocraties risquent de s’affaiblir. » 

L'éducation pour favoriser la collaboration  
Les organisations auraient donc tout intérêt à aller chercher « l’adhésion profonde » de leurs collaborateurs pour garantir leur pérennité. Pour ce faire, Spinoza propose « une activité spirituelle interne ». Ce qu’il évoque ici n’est en rien rattaché à quelque religion que ce soit, mais plutôt à l’éducation de l’esprit : 

« Cette éducation ne doit pas se limiter à l’acquisition de connaissances générales mais aussi enseigner le vivre-ensemble, la citoyenneté, la connaissance de soi et le développement de la raison. A la suite de Montaigne, qui prônait des têtes bien faites, plutôt que des têtes bien pleines, Spinoza sait que plus les individus seront capables d’acquérir un jugement sûr qui les aidera à discerner ce qui est véritablement bon pour eux, plus ils seront utiles aux autres en étant des citoyens responsables. Toute la pensée de Spinoza repose en effet sur cette idée qu’un individu s’accordera d’autant mieux aux autres qu’il est bien accordé avec lui-même. Autrement dit, nos démocraties seront d’autant plus solides, vigoureuses et ferventes que les individus qui les composent seront capables de dominer leurs passions tristes et qu’ils mèneront leurs existences selon la raison. » 

Il serait donc tout à fait légitime de croire que l’être humain a une véritable capacité de coopération s’il est accompagné dans son apprentissage pour en percevoir le sens et l’intérêt. Ainsi sa « raison » peut l’emporter sur ses passions tristes. Il s’agirait donc d’une question d’éducation, de formation pour tendre vers une meilleure connaissance de soi, d’un développement de la tête bien faite selon Spinoza, de l’accomplissement de soi pour reprendre également la fameuse pyramide de Maslow. Bref, donner à l’Homme les moyens d’appartenir et d’adhérer à un but plus grand que lui et auquel il croit. 

Mais pour cela, le chemin peut être complexe. En effet, en général nos systèmes éducatifs européens ne valorisent malheureusement pas la coopération. Pour notre réussite scolaire, nous sommes tributaires de notes qui nous classent les uns par rapport aux autres. Nous sommes ainsi conditionnés très jeunes à un système de compétition où, à aucun moment la capacité de partage ni les qualités d’être de la personne ne sont valorisées ou appréciées. 

Comment imaginer un seul instant qu’un étudiant sorti d’une école de commerce où le billet d’entrée s’est joué parmi 2000 autres candidats serait naturellement enclin à la coopération voire qu’il serait même capable de le faire ! Le film "Première année" de Thomas Lilti actuellement en salle dénonce justement ce système de compétition dans les facultés de médecine. 

Pour en revenir au monde du travail, je ne dis pas que l’entreprise doit éduquer ses collaborateurs mais qu’elle a néanmoins un devoir de formation des esprits afin de développer leurs compétences de savoir être – les fameuses softs skills - et qu’elle a tout à y gagner à investir dans cet accompagnement. 

Il y a de fortes raisons de croire que Spinoza avait vu juste il y a plusieurs siècles déjà. L’homme a une capacité à la coopération, à la créativité et à l’investissement s’il est convaincu du sens donné à tout cela. La victoire récente de nos Bleus est un bon exemple de ce besoin naturel de partager. La liesse sur les Champs Elysées et aux quatre coins de la France démontre parfaitement que l’être humain est naturellement enclin à vivre des expériences communes et de se sentir appartenir à un but plus vaste que lui. 

La question qui se pose à présent c’est quoi mettre dans ces formations et dans cet accompagnement pour faire adhérer les collaborateurs ? Un début de réponse, toujours donné par Spinoza : « L’autorité politique la plus puissante est celle qui règne même sur les cœurs de ses sujets »

 Et vous, qu’est-ce qui vous touche le cœur aujourd'hui ? 

Mes sources

Julien Tréfeu Conseil

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